Notre vision du marché

Notre vision des marchés – mars 2021

24 mars 2021


La normalisation des taux US, signe de la croissance retrouvée ?

 

Nos thèmes de gestion pour l’année 2021 sont actualisés comme suit :

    • Le retour à une « vie normale » est conditionné à la réussite des campagnes de vaccination
    • Les Banques centrales et les gouvernements vont rester à la manœuvre pour longtemps
    • La gestion de la crise va laisser des traces indélébiles sur la politique européenne

Le premier trimestre de l’année 2021 touche à sa fin et l’heure est venue d’en tirer les premiers enseignements.

Tout d’abord, force est de constater que, pour le moment, la gestion de l’approvisionnement des vaccins et de la vaccination en Europe est un demi-échec. En effet, l’Union européenne a souhaité s’occuper en 2020 de l’approvisionnement des vaccins, alors même qu’elle n’a pas de compétence en matière de politique de santé en Europe. Cette décision a été prise en son temps pour éviter la concurrence entre pays européens et pour unifier la stratégie vaccinale. Malheureusement, si l’on regarde ses performances par rapport au Royaume—Uni et aux Etats-Unis, on voit que cette politique improvisée a été et reste très perfectible sur de nombreux points.

Evolution du nombre de cas quotidiens de COVID 19
 au Royaume-Uni, aux USA et en Union Européenne

Source : Bloomberg

La baisse massive des cas de COVID-19 constatée aux USA et au Royaume-Uni est bien sûr à mettre en regard du nombre de doses de vaccins administrées.

Doses de vaccins inoculées aux USA, au Royaume-Uni en Allemagne et en France

Source : Bloomberg / Myria AM

Ces chiffres sont à rapporter à la population de chacun des pays, et on peut donc estimer que si l’Europe a vacciné environ 13% de sa population, les pays anglo-saxons sont au-dessus des 37%, sans compter Israël où plus de la moitié de la population est déjà vaccinée et où la vie a repris presque comme avant l’épidémie.

Ainsi, cette pandémie et sa gestion met en évidence les carences européennes sur :

    • Le financement de la recherche : les Etats-Unis de Donald Trump et le Royaume-Uni n’ont pas hésité à financer massivement les laboratoires pour trouver un vaccin, tandis que les européens préféraient négocier les prix des doses. Israël, pour sécuriser ses approvisionnements et être parmi les premiers à rouvrir son économie, n’a pas hésité à vendre les données sanitaires de sa population, permettant aux laboratoires de réaliser des tests « grandeur nature » sur l’efficacité des vaccins.
    • Les chaînes de fabrication des vaccins utilisant la nouvelle technologie ARNm : si la recherche européenne est pour le moment mise en échec dans sa quête d’un vaccin contre la Covid-19, la nouvelle technologie vaccinale utilisant l’ARN messager est seulement en passe d’être dans les chaînes de production. Ainsi, BioNtech, société allemande, s’est alliée à Pfizer pour la fabrication du vaccin contre la Covid-19 et ce n’est qu’en avril prochain, si toutefois l’Agence européenne du médicament donne son aval, qu’un site de production sera opérationnel sur le sol allemand. A part une usine belge et suisse, les sites de production sont surtout localisés aux Etats-Unis.
    • Les compétences en matière de santé : le fait que l’Europe soit périodiquement un épicentre de la pandémie depuis le début de la crise sanitaire est préoccupant. En clair, on n’acquiert pas des compétences en matière de politique de santé publique à court terme parce qu’on le décide. Il reste donc à l’Union européenne de tirer parti de cette crise et de bâtir une véritable gouvernance sur le sujet.
    • La cohésion des 27 : la gestion de la vaccination est jugée hasardeuse dans de nombreux pays. Sans compter les manifestations qui ont émaillé le premier trimestre, à l’instar du Carnaval sauvage marseillais qui a réuni plus de 6000 personnes sans masques, ou des démonstrations anti-restrictions sanitaires plus ou moins violentes qui ont eu lieu en Allemagne ou aux Pays-Bas, les opinions publiques sont exaspérées par les confinements à répétition. Ainsi, des pays de l’Union n’hésitent plus à menacer de s’approvisionner eux-mêmes en vaccins, comme l’Allemagne par exemple, voire de le faire en contractualisant avec les Russes et la Chine, comme la Hongrie, l’Autriche, le Danemark, la Pologne ou la République Tchèque notamment.

Comme toujours depuis plus d’un an maintenant, l’actualité liée à la crise sanitaire balaie tout autre information. Ainsi, que le Président Biden ait qualifié le Président russe d’assassin ou ait exprimé l’inquiétude des Etats-Unis au sujet de Hong-Kong ou du sort réservé aux Ouïghours, l’attention reste focalisée sur l’épidémie et les différentes stratégies de sortie de crise.

Et sur les marchés financiers, ce qui retient l’attention depuis le début de l’année, c’est la spectaculaire normalisation des taux d’intérêt aux Etats-Unis, alors même que la Réserve fédérale reste sur des actions et des discours extrêmement accommodants.

Evolution du taux 10 ans américain depuis 1 an

Source : Bloomberg / Myria AM

La rémunération des emprunts à 10 ans américains a donc plus que triplé depuis le point bas atteint au début du mois d’août 2020, avec une franche accélération depuis le début de l’année, ce qui coïncide avec le déploiement massif des vaccins aux Etats-Unis et le vote du plan de relance de 1900 Mds de USD.

Et toujours depuis le 4 août 2020, la courbe américaine s’est repentifiée à un rythme très soutenu, les investisseurs misant sur un rebond très fort de la croissance en 2021. D’ailleurs, le scénario privilégié par le marché est que les Etats-Unis recolleront à leur potentiel de croissance d’ici à 2022 et que l’inflation tendra vers la cible de la FED.

Pentification de la courbe US entre le 04/08/2020 et le 23/03/2021

Source : Bloomberg / Myria AM

Ainsi, depuis le début de l’année, la normalisation des taux a été suivie d’une réduction importante de l’écart de valorisation entre les actions décotées (ou « value ») par rapport aux valeurs de croissance (ou « growth »), quelle que soit la zone géographique considérée.

Performances des marchés actions au 22/03/2021

Source : Bloomberg / Myria AM

Le marché reste, comme à la fin de l’année dernière, résolument optimiste quant au rebond de la croissance comme le prouve le comportement des matières premières, avec le pétrole qui continue son rebond tandis que l’or corrige, signe d’une normalisation de l’économie ou d’une baisse de l’incertitude.

Source : Bloomberg / Myria AM

Conséquence de la hausse des taux, les marchés les moins sensibles aux taux d’intérêts, comme le haut rendement, restent encore privilégiés, même si les performances affichées sont en demi-teinte depuis le début de l’année.

Performances des marchés obligataires au 22/03/2021

En revanche, l’éclaircissement des perspectives de croissance dans les pays développés, et notamment le G7, produit une défiance sur les emprunts émergents en devises locales, qui dévissent assez sévèrement en ce début d’année.

Ainsi, le premier trimestre 2021 a permis de corriger les excès de valorisation de certains marchés, aussi bien à la baisse qu’à la hausse, ce qui reconstitue quelque peu les opportunités d’investissement, notamment sur l’obligataire, alors que les marchés actions restent au plus haut.

Source : Bloomberg / Myria AM

Dans ce contexte, notre scénario économique et financier central reste optimiste

Scénario d’allocation de Myria AM à 12 mois – Mars 2021

En conséquence, notre portefeuille modèle n’évolue pas d’un mois sur l’autre et fait donc ressortir les caractéristiques suivantes :

    • Des actions européennes combinées à des actions internationales, japonaises, et émergentes, typées croissance, pour une exposition totale aux marchés actions de l’ordre de 50% du portefeuille, répartie équitablement,
    • Un portage attractif via des obligations à haut rendement pour environ 10% du portefeuille, tout en restant absent des obligations émergentes
    • Des stratégies obligataires de crédit mondial de catégorie investissement pour un peu moins de 20% du portefeuille,
    • Une sensibilité obligataire plus faible que l’indice.
    • Des fonds diversifiés, pour un poids de l’ordre de 5%,
    • Une sous-pondération de 10% du dollar US.

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