Notre vision du marché

Notre vision des marchés – juin 2020

9 juin 2020

Quand l’Europe surprend (enfin) positivement !

Nos thèmes de gestion pour l’année 2020 sont actualisés comme suit :

  • La reprise économique post-confinement est sur les rails et pourrait être plus vigoureuse qu’anticipée.
  • Les Banques centrales et les gouvernements sont plus que jamais présents pour restaurer la confiance.

C’est avec beaucoup de soulagement que j’ai le plaisir de commencer à rédiger cette Vision des marchés du mois de juin assis derrière mon bureau situé au 32, avenue d’Iéna dans le 16ème arrondissement de Paris. En effet, c’est une impression presqu’irréelle de se retrouver dans ce lieu après deux mois et demi de confinement en famille. Ce retour à la vie normale est en soi une petite révolution, même si les couloirs de l’immeuble sont encore très largement déserts.

Et ce moment est propice pour réfléchir sur les événements qui ont rythmé cette première partie de l’année 2020, période très étrange où près de la moitié de l’humanité a été forcée de rester chez elle, tels 3,5 milliards de prisonniers effectuant leur peine chez eux, avec un bracelet électronique virtuel, et des sorties au compte-goutte, nécessitant une attestation sur l’honneur.

Sur le plan financier d’abord, force est de constater que le Coronavirus a transformé radicalement le monde.

Déjà, alors qu’il est traditionnellement redoutable, tant l’adage « sell in may and go away » est ancré dans la tête des investisseurs, le mois de mai a vu le rebond des actifs risqués se poursuivre. Pourtant, le mois n’avait pas bien commencé, notamment en Europe. Comme à l’accoutumée, les membres de l’Union européenne, incapables de se mettre d’accord sans psychodrames préalables, distillaient des informations contradictoires sur les moyens à employer pour soutenir les économies les plus touchées sur le vieux continent par la crise sanitaire du Covid-19. Mais, par un Deus Ex Machina digne des meilleures pièces de Molière, le suspense hitchcockien a pris fin le 18 mai lorsqu’Angela Merkel et Emmanuel Macron sont arrivés main dans la main pour détailler leur Initiative commune pour la relance européenne. Les deux Dirigeants ont en effet posé les fondations d’un Fonds de relance doté de 500 milliards d’euros et financé par des emprunts réalisés par la Commission européenne au nom de l’UE, ce qui constitue une première en termes de solidarité entre les Etats, les régions et les secteurs économiques dans l’Union.

Alors qu’on avait abandonné tout espoir de fédéralisme, notamment avec le Brexit qui aurait pu sonner la fin de l’aventure européenne, ce virus bouscule les relations internationales et rend possible ce qui semblait totalement improbable en février dernier : l’Union européenne a donc décidé d’emprunter en commun non pas 500 milliards mais un montant astronomique de 750 milliards d’euros pour lutter contre les effets mortifères de la crise sanitaire et d’affecter ces ressources selon une clef de répartition proportionnelle à la dureté de l’impact causé par celle-ci. En clair, les pays les moins touchés de l’Union vont financer le redressement économique de ceux qui ont le plus souffert du virus. C’est de notre point de vue une révolution pour le Vieux continent et les marchés financiers ont largement plébiscité cette initiative portée par le couple historique de la construction européenne, l’Allemagne et la France.

Comparaison des principaux indices actions depuis le 15 mai 2020 (devises locales)

Source : Bloomberg / Myria AM

Comportement de l’EUR/USD depuis le début de l’année

Source : Bloomberg / Myria AM

Du fait de cette réaction très favorable des marchés financiers, et comme si, en Europe, on prenait enfin conscience que c’est la confiance qui crée la croissance, Mme Lagarde, lors de la dernière réunion de la Banque centrale européenne, a elle aussi décidé de surprendre positivement. Par sa voix, l’institution de Francfort a annoncé un surcroît d’injection de liquidité de 600 milliards d’euros, portant son plan de soutien pour contrer les effets de la crise du Coronavirus à 1 350 milliards d’euros, ce qui a enchanté les marchés financiers européens.

Ainsi, les bourses européennes ont signé, lors de la première semaine du mois de juin, leur meilleure performance hebdomadaire depuis décembre 2011, ramenant leur baisse aux alentours de -10% depuis le début de l’année.

De plus, le changement de discours de la Banque centrale européenne, couplé au changement de doctrine de l’Union européenne, a fait revenir le calme sur les marchés obligataires des emprunts d’Etats de la Zone euro.

En effet, alors que l’intervention du 12 mars 2020 a failli précipiter une nouvelle crise des dettes européennes, les actions concertées des Politiques et des Banquiers ont enfin ramené le calme sur les obligations des pays dits périphériques, notamment l’Italie, qui a vu sa prime de risque avec l’Allemagne se réduire drastiquement en deux trois mois.

Source : Bloomberg / Myria AM

Ce rebond extrêmement solide des marchés financiers tend à faire penser que les opérateurs parient désormais sur une sortie de crise par le haut :

  • un nouveau confinement des populations est extrêmement peu probable dans le futur. En effet, on voit quotidiennement que ce sujet est éminemment politique, et qu’à partir du moment où les masques sont là, que les respirateurs ont été commandés et les gestes barrières sont entrés dans la vie quotidienne, il n’y a pas de raison, même médicale, qui justifierait une nouvelle restriction des déplacements.
  • Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis notamment constituent une vraie bonne surprise, puisque :
    • On attendait des destructions massives d’emplois en mai 2020 (-7,5 millions) et au final, plus de 2,5 millions d’emplois ont été pourvus.
    • Le taux de chômage était anticipé à un niveau de 19%, et il s’est établi finalement à 13.3% en baisse par rapport à avril 2020.
    • Le taux de participation à l’emploi remonte déjà par rapport à avril aux USA.

Ainsi, il n’en fallait pas plus pour que le prix du baril de pétrole, que nous pensons être un véritable indicateur avancé de la croissance future anticipée par les marchés, s’envole et indique une reprise rapide de l’économie.

Evolution du prix du pétrole WTI en 2020

Source : Bloomberg / Myria AM

En conclusion, et alors que nous considérons que la crise sanitaire est désormais derrière nous, nous avons défini notre nouveau scénario de marché pour nous concentrer sur le défi que constitue la sortie de confinement et la remise en route de l’économie mondiale.

 Scénario d’allocation de Myria AM à 12 mois – juin 2020

Après avoir pris la bonne décision, à savoir de gérer les fonds avec une prise de risque très limitée par rapport à leur indice de référence, ce que démontrent les performances de nos fonds depuis le début de l’année, nous pouvons, après ce violent épisode de volatilité, élargir nos marges de manœuvre relatives et reprendre quelques degrés de liberté.

Ainsi, notre portefeuille modèle fait ressortir les caractéristiques suivantes :

  • des actions européennes combinées à des actions internationales, japonaises, et émergentes, pour une exposition totale aux marchés actions de l’ordre de 55% du portefeuille, répartie équitablement,
  • un portage attractif via des obligations à haut rendement pour environ 15% du portefeuille, et en restant absent des obligations émergentes
  • des stratégies obligataires de crédit mondial de catégorie investissement pour un peu moins de 15% du portefeuille,
  • une sensibilité obligataire supérieure à 3, via une ligne de futures US Long Bond, pour compenser les stratégies de portage et la légère surexposition actions
  • des fonds diversifiés, pour un poids de l’ordre de 7%,
  • une sous-pondération de 10% du dollar US via l’achat du future Euro / Dollar.

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